
Parc national en Namibia
La plupart des parcs africains récompensent la recherche active. Vous roulez, vous scrutez la brousse, vous suivez l’intuition d’un guide et vous espérez. Etosha ne fonctionne pas ainsi, et les visiteurs qui arrivent avec cet instinct de traque passent leur première journée frustrés. Ici, vous vous garez près d’un point d’eau, vous coupez le moteur, et vous laissez la journée venir à vous. Pendant la saison sèche, il n’y a presque pas d’eau libre sur vingt mille kilomètres carrés du nord de la Namibie, à l’exception de quelques sources et forages, et chaque animal du parc doit finir par s’y rendre. L’art ici n’est pas de suivre des pistes, mais de choisir un bon point d’eau et d’avoir la patience d’y rester assis deux heures de plus, jusqu’à l’arrivée des éléphants.
La raison de tout cela, c’est la pan. La Etosha Pan est une étendue saline si vaste qu’on la distingue aisément depuis l’espace, un ancien lit de lac asséché lorsque les rivières qui l’alimentaient ont changé de cours. La majeure partie de l’année, c’est une feuille blanche, craquelée, sans aucune vie. Sous la lumière crue de l’après-midi, elle devient si éclatante que l’horizon se dissout et les girafes qui longent sa lisière semblent marcher dans le ciel. Le nom Oshindonga est généralement traduit par « le grand lieu blanc », et debout au Etosha Lookout, avec la pan qui s’étend à perte de vue, on comprend immédiatement ce choix. Ce vide est le moteur du parc : puisque la pan elle-même ne retient rien, la vie se concentre dans la frange de savane, de mopanes et d’acacias qui l’entoure, et autour des sources sur son bord sud.
L’observation de la faune qui résulte de cette configuration est inhabituelle. Plutôt qu’un seul lion sous un arbre, vous assistez à un véritable théâtre. Un point d’eau en septembre peut rassembler deux cents zèbres formant un croissant nerveux, une famille d’éléphants traversant sans ralentir, des girafes écartant les pattes dans des postures improbables pour boire, des oryx en retrait, cornes dressées, et des springboks qui entrent et sortent en bonds affolés, tandis qu’une lionne se repose à cinquante mètres dans l’herbe, parfaitement immobile. Personne ne se cache. Vous observez les relations et les hiérarchies se jouer sur une heure, plutôt que d’apercevoir une scène fugace de deux minutes.
Et puis il y a ce qui distingue vraiment Etosha de presque tout le reste du continent. Les trois principaux camps disposent chacun de leur propre point d’eau, éclairé la nuit, avec un muret bas et des bancs, juste à la lisière du camp. Vous pouvez sortir après le dîner, vous asseoir dans l’obscurité et regarder les rhinocéros noirs venir s’abreuver à onze heures du soir. Dans la plupart des parcs nationaux, vous êtes enfermés dans votre camp au coucher du soleil sans rien à faire ; à Etosha, la nuit est la seconde partie du spectacle, gratuite, sans personne qui conduise. Les habitués vous diront que leur meilleure observation a eu lieu après dix heures du soir, une couverture sur les genoux.
Un dernier point pour ajuster vos attentes, car Etosha est souvent survendu. Ce n’est pas un parc « joli ». C’est de la poussière, des broussailles basses et pâles, des épines, de la lumière crue et de la chaleur, et à midi il peut sembler vraiment mort pendant une ou deux heures d’affilée. Il est aussi très facile à visiter en autonomie : les routes principales sont de bonne qualité, en gravier damé, une simple berline suffit, les camps sont gérés par la compagnie nationale du tourisme et vous pouvez conduire vous-même pour une fraction du prix d’un safari guidé ailleurs dans la région. Cette combinaison – intensité des observations aux points d’eau et faible coût d’accès – explique pourquoi ceux qui connaissent la Namibie y reviennent sans cesse.
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Meilleure période pour visiter
La saison sèche, de mai à octobre environ, est le moment où Etosha offre ce qui fait sa renommée. Au fur et à mesure que les mares et flaques saisonnières s’évaporent en mai et juin, les animaux sont progressivement contraints de revenir vers les points d’eau permanents, et en août, septembre et octobre, la concentration devient extraordinaire. L’herbe est rase et pâle, la brousse a perdu ses feuilles, ce qui permet de mieux voir, et un simple après-midi à un bon point d’eau peut vous offrir éléphants, rhinocéros, girafes, zèbres, oryx, koudous, springboks, chacals et lions sans même bouger le véhicule. Octobre est souvent le meilleur mois en termes de nombre, mais aussi le plus chaud, avec des après-midis qui dépassent les trente-cinq degrés, tandis que tout le monde attend la pluie qui n’est pas encore arrivée.
Juin et juillet sont les mois secs et frais, ce qui surprend ceux qui ont préparé un voyage pour l’Afrique, mais pas pour la Namibie. Les journées sont agréables, la lumière limpide, et les nuits frôlent le gel. S’asseoir au point d’eau d’Okaukuejo à neuf heures du soir en juillet sans veste, ni chapeau, ni rien sur les jambes, est une erreur que l’on ne fait qu’une fois. C’est aussi la période des vacances scolaires en Afrique australe et en Europe, donc les camps se remplissent.
La saison verte s’étend de novembre à avril environ, avec les pluies les plus fortes généralement de janvier à mars, transformant Etosha en un autre parc, avec d’autres attraits. L’eau apparaît partout, les animaux se dispersent et la méthode des points d’eau ne fonctionne plus. L’herbe pousse haute et cache la faune. En échange, vous obtenez des ciels d’orage sur la pan qui attirent les photographes, d’innombrables naissances de springboks et de gnous en début d’année, l’arrivée massive d’oiseaux migrateurs, et la pan elle-même pouvant se couvrir d’une fine pellicule d’eau. Lors d’une année très pluvieuse, cette eau attire flamants roses et pélicans en grand nombre, un spectacle inattendu dans un parc désertique, mais qui ne se produit pas chaque année. Les routes peuvent être inondées, certaines pistes fermées, et le nord est une zone de paludisme saisonnière pendant la saison des pluies.
Si c’est votre seule visite et que vous souhaitez l’expérience classique d’Etosha, venez entre juillet et octobre et acceptez la chaleur en fin de période. Si vous êtes déjà venu, ou si vous privilégiez la photographie et les paysages verts plutôt que la densité animale, la saison verte est le meilleur choix, plus calme et moins chère. Avril et mai sont un entre-deux sous-estimé : le pays garde encore de la couleur, l’eau commence à se concentrer, et les camps ne sont pas pleins.
Haute saison
De juillet à octobre, c’est le pic, avec les vacances scolaires d’hiver namibiennes en juillet et août qui sont les plus chargées. Les trois principaux camps à l’intérieur du parc sont gérés par l’État, en nombre limité et se réservent plusieurs mois à l’avance pour cette période. Un chalet à Okaukuejo avec vue sur le point d’eau est l’une des chambres les plus convoitées de Namibie. Noël et le Nouvel An constituent un second pic, plus court. Février et mars sont les mois les plus calmes dans le parc.
L’animal vedette d’Etosha est le rhinocéros noir, et c’est l’un des endroits les plus fiables au monde pour en observer. Ce sont des brouteurs, principalement nocturnes, de tempérament difficile et farouches, ce qui explique l’importance des points d’eau éclairés des camps : un rhinocéros noir qui ne vous laisserait jamais l’approcher de jour viendra dans le cercle de lumière à Okaukuejo à dix heures et demie du soir et s’abreuvera pendant vingt minutes sous les yeux de quarante personnes silencieuses. Le point d’eau Moringa de Halali est l’autre bon pari après la tombée de la nuit. Le rhinocéros blanc est également présent, mais on l’observe plus souvent dans les réserves privées en bordure du parc qu’à l’intérieur.
Les éléphants ici surprennent ceux qui les connaissent d’Afrique de l’Est. Les mâles d’Etosha comptent parmi les plus grands du continent, et ils sont presque toujours recouverts de la poussière gris pâle de la pan, ce qui leur donne une allure de fantômes dans la brousse. Ils viennent en groupes familiaux en milieu et fin d’après-midi et s’imposent sans partage : zèbres et girafes s’écartent et attendent. Les lions sont largement répartis et souvent couchés à découvert près des sources ; les lions d’Etosha ont l’habitude de tendre des embuscades aux points d’eau plutôt que de chasser à l’affût, ce qui fait que le spectacle se déroule parfois juste devant vous. Les guépards préfèrent les plaines ouvertes à l’ouest et au sud de la pan, les léopards sont présents mais très difficiles à voir, et les hyènes tachetées sont courantes la nuit, tandis que la timide hyène brune est un vrai trésor.
Ce sont les antilopes des plaines qui remplissent le paysage. Zèbres des plaines par milliers, gnous bleus, springboks en troupeaux bondissants, gemsboks immobiles dans la chaleur, semblant dessinés plutôt que nés, girafes, grands koudous, élands, bubales rouges, steenboks et phacochères. Deux espèces méritent d’être connues car vous ne les verrez pas dans la plupart des autres parcs. L’impala à face noire est une sous-espèce limitée au nord-ouest de la Namibie et au sud-ouest de l’Angola, et Etosha en est le bastion ; cherchez la bande sombre sur le museau, surtout autour de Namutoni à l’est. Le Damara dik-dik, une minuscule antilope haute comme un genou, vit dans les fourrés denses de mopane autour de Halali et Namutoni et préfère se figer plutôt que fuir, si bien que la plupart des visiteurs passent à côté sans la voir.
Les oiseaux sont plus variés que le paysage ne le laisse penser. Autruches traversant les plaines, outardes kori – parmi les plus lourds oiseaux volants du monde – marchant dans l’herbe rase, serpentaire battant la savane à la recherche de serpents, et busards chantants perchés sur presque chaque poteau. Les gonoleks à poitrine cramoisie traversent les épines en éclairs rouges, et vautours oricou et à dos blanc se rassemblent vite sur toute carcasse. Lors des années humides, quand la pan retient l’eau, flamants roses (grands et petits) et grands pélicans blancs arrivent en masse pour nicher, et ce même désert blanc qui semblait sans vie en septembre devient l’un des plus grands rassemblements d’oiseaux d’eau d’Afrique australe. On trouve aussi ici une petite population résidente et remarquable de grues bleues, loin du reste de l’aire de répartition de l’espèce.
S’installer au point d’eau d’Okaukuejo, surtout après la tombée de la nuit
Okaukuejo est le plus ancien et le plus fréquenté des camps, situé près de la porte sud Anderson à l’extrémité ouest de la pan, et son point d’eau éclairé est le site le plus célèbre du tourisme namibien. Un muret de pierre, des bancs en gradins, et une règle de silence que la plupart respectent vraiment. En fin d’après-midi, éléphants et girafes arrivent, suivis de longues files de zèbres ; après le dîner, la lumière s’allume et la relève nocturne commence, c’est alors que les rhinocéros noirs apparaissent, parfois plusieurs dans la même nuit, parfois accompagnés de lions et de hyènes dans la même heure. Le secret est de le considérer comme un lieu où rester, pas juste à cocher. Prévoyez une veste même en été, prenez une lampe que vous n’utiliserez pas, et accordez-lui deux ou trois heures au lieu de vingt minutes. Ceux qui patientent pendant une heure calme sont ceux qui racontent ensuite un face-à-face de rhinocéros à minuit.
Faire le circuit des points d’eau à l’ouest et au sud d’Okaukuejo
La plus belle demi-journée de conduite à Etosha part d’Okaukuejo à travers les plaines ouvertes, et c’est un safari inhabituel car on voit arriver les animaux à des kilomètres. Ombika, juste à l’intérieur de la porte sud, est une source naturelle dans une cuvette rocheuse et l’un des points d’eau les plus fréquentés du parc. Nebrownii et Gemsbokvlakte se trouvent sur une plaine herbeuse sans arbres, où éléphants et lions n’ont nulle part où se cacher. Okondeka, au nord du camp, en bordure de la pan, mérite le détour pour sa troupe de lions résidente et pour la vue directe sur le blanc. Sur la même boucle se trouve Sprokieswoud, la « forêt de conte de fées », un bosquet isolé d’arbres moringa aux troncs bulbeux et aux branches emmêlées, sans ressemblance avec la brousse alentour, et c’est, curieusement, le seul endroit du parc qui se photographie bien à midi.
Halali, la colline de dolomie et le point d’eau Moringa
Halali se trouve à mi-chemin entre les deux camps les plus connus et c’est discrètement le choix de nombreux habitués. Construit contre un affleurement de dolomie, il offre de vrais arbres et de l’ombre, et c’est le seul camp avec une colline à gravir : une courte marche mène à un point de vue sur la brousse environnante. Son point d’eau Moringa est plus petit et plus intime que celui d’Okaukuejo, creusé dans la roche sous une terrasse d’observation, et il a une solide réputation pour les rhinocéros noirs et les éléphants après la tombée de la nuit, parfois avec plusieurs rhinos présents en même temps et la tension qui en découle. Les environs de Halali sont plus denses en mopanes, où vivent dik-dik et léopards, et les points d’eau de ce secteur – Goas, Rietfontein, Salvadora et Sueda – sont en bordure de pan et comptent parmi les meilleurs du parc pour les félins en milieu de journée.
Namutoni, le fort et les pans de l’est
Namutoni, à l’est, est construit autour d’un fort colonial allemand blanchi à la chaux datant du début du XXe siècle, avec des tours à gravir pour admirer le coucher de soleil sur les palmiers alentour. Il ressemble moins à un camp de brousse et plus à un lieu chargé d’histoire, et la région autour est encore différente : plus dense, plus verte par endroits, avec des palmiers makalani et des pans saisonniers peu profonds. C’est la meilleure zone du parc pour l’impala à face noire et le Damara dik-dik. Fischer’s Pan, à l’est du camp, se remplit d’eau les années humides et attire flamants et limicoles, tandis que Twee Palms, un point d’eau marqué par deux palmiers solitaires sur la plaine, est le spot le plus photographié de ce côté du parc à l’aube. Chudop et Klein Namutoni sont les points d’eau les plus productifs pour s’installer. Le point d’eau King Nehale du camp est éclairé mais le moins spectaculaire des trois.
S’avancer sur la pan au Etosha Lookout
La plupart du temps, la pan se contemple depuis la lisière, mais entre Halali et Namutoni, une courte route en éperon mène directement à sa surface au Etosha Lookout, l’un des rares endroits du parc où il est permis de sortir de son véhicule hors des camps. Debout sur la croûte, sans rien à l’horizon, ni végétation, ni repère, ni bruit, la chaleur ondulant jusqu’à avaler la ligne du ciel, c’est ce qui s’approche le plus d’une expérience spirituelle à Etosha, et il ne faut que quatre minutes pour comprendre l’origine du nom. Privilégiez le matin tôt ou la dernière heure de lumière, quand la surface se teinte d’or pâle et de rose plutôt que d’éblouir en blanc. N’essayez pas de marcher loin, et ne quittez jamais la route balisée : la croûte est fine par endroits et des véhicules s’y sont déjà enlisés.
Le secteur ouest, Dolomite Camp et l’observatoire d’Olifantsrus
À l’ouest d’Okaukuejo, le parc change de visage avec des collines de dolomie et une brousse plus dense. Ce secteur a été fermé aux visiteurs ordinaires pendant des décennies, ce qui se ressent encore dans la faible fréquentation. Galton Gate est l’entrée ouest. Dolomite Camp est perché sur une crête avec des chalets disséminés et de longues vues, et la population de l’ouest inclut le zèbre de montagne de Hartmann et le rhinocéros noir. Mais la vraie raison de s’y rendre, c’est Olifantsrus. C’est uniquement un camping, sans chalet, mais il possède la meilleure cachette du parc : une structure à deux étages au ras de l’eau, où l’on s’assoit à hauteur d’éléphant, à pied, derrière du verre et de l’acier, séparé seulement par quelques mètres d’air. C’est le seul endroit à Etosha où l’on vit un éléphant d’aussi près sans véhicule autour, et cela vaut la peine de réorganiser son itinéraire.
Le faire en autonomie, et bien le faire
Etosha est l’un des grands parcs africains les plus faciles à visiter par soi-même, ce qui change complètement l’économie d’un voyage en Namibie. Les routes principales sont en gravier damé, une voiture de location ordinaire suffit, carburant et boutiques sont présents dans les principaux camps, et les règles sont simples : rester dans le véhicule sauf aux points autorisés, ne pas dépasser soixante kilomètres à l’heure, et être rentré dans un camp avant le coucher du soleil car les portes ferment réellement. Bien conduire ici, c’est rouler lentement et s’arrêter souvent. L’erreur la plus fréquente est de traiter la journée comme un itinéraire à accomplir, en courant d’un point d’eau à l’autre et en n’y restant que cinq minutes. Choisissez deux ou trois points d’eau, restez-y une heure chacun, et déjeunez dans le véhicule plutôt que de retourner au camp. Si vous ne souhaitez pas conduire, des safaris guidés partent de chaque camp, et c’est la seule façon d’être dehors légalement avant l’ouverture ou après la fermeture des portes.
Ajouter une nuit dans les réserves privées en bordure du parc
Etosha est entouré de conservancies privées partageant des frontières non clôturées ou partiellement clôturées avec le parc, principalement Ongava au sud près de la porte Anderson, Onguma à l’est près de la porte Von Lindequist, et Etosha Heights au sud-ouest. Elles sont importantes car les règles du parc national qui préservent Etosha limitent aussi ce que vous pouvez y faire. Côté privé, vous pouvez sortir après la tombée de la nuit avec un projecteur pour observer genette, protèle, porc-épic, hyène brune et lions en chasse, partir à pied avec un guide armé pour apprendre à lire les traces et les crottes plutôt que de seulement regarder les animaux, et plusieurs de ces réserves abritent des rhinocéros blancs, bien plus difficiles à voir dans le parc. Deux nuits à l’extérieur et trois à l’intérieur forment une semaine mieux équilibrée que cinq nuits identiques, et le contraste enrichit les deux expériences.

Parc national
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Pour l’observation classique de la faune à Etosha, privilégiez août à octobre. À cette période, l’eau saisonnière a disparu, la brousse est nue, et les animaux n’ont d’autre choix que de venir aux points d’eau permanents, ce qui donne des concentrations maximales à Okaukuejo, Ombika ou Goas. Le revers de la médaille, c’est la chaleur : octobre est particulièrement éprouvant, et vous serez assis dans votre véhicule sous le soleil. Juin et juillet sont plus frais et très agréables en journée, mais les nuits frôlent le gel et les camps sont très fréquentés. Si vous préférez les paysages verts, la lumière d’orage, les naissances d’antilopes et très peu d’autres véhicules, venez entre janvier et mars en acceptant de parcourir plus de kilomètres pour voir moins d’animaux. Il n’y a pas de mauvais mois, mais chaque période offre une expérience très différente : la saison sèche pour la faune, la saison verte pour les photos.
Oui, et non. Etosha est l’un des parcs les plus adaptés à l’autotour du continent. Les routes principales sont en gravier damé et se parcourent sans problème en voiture de location standard à deux roues motrices pendant la saison sèche, ce qui explique pourquoi tant d’itinéraires namibiens sont conçus pour l’autonomie. Un véhicule surélevé est plus confortable, offre un meilleur angle de vue sur la brousse, et reste un atout si vous parcourez aussi le reste du réseau de pistes du pays, mais ce n’est pas indispensable pour Etosha. En saison des pluies, certaines boucles secondaires peuvent devenir difficiles et le parc ferme des pistes si besoin. Les règles sont strictes et appliquées : vous restez dans votre véhicule sauf aux points de vue et dans les camps, vous respectez la limitation de vitesse, et vous devez être rentré dans un camp avant le coucher du soleil. Planifiez votre journée en fonction des horaires des portes, sans compter pouvoir prolonger.
Okaukuejo pour le point d’eau, et cela vaut vraiment au moins une nuit rien que pour cela. Son point d’eau éclairé est la meilleure observation nocturne du parc et la raison de la venue de nombreux visiteurs. Halali est l’option intermédiaire, plus calme, avec de l’ombre, une colline à gravir et un point d’eau plus petit, réputé pour les rhinocéros noirs, ce qui plaît à beaucoup d’habitués. Namutoni, à l’est, possède le fort, les palmiers et le meilleur accès à l’impala à face noire et au dik-dik, mais le point d’eau le moins intéressant des trois camps. L’organisation naturelle pour un séjour de trois ou quatre nuits est de passer une ou deux nuits à Okaukuejo, puis une ou deux à Halali ou Namutoni, afin de couvrir les deux moitiés du parc sans tout traverser chaque jour. Si un chalet avec vue sur le point d’eau à Okaukuejo est disponible à vos dates, réservez-le sans hésiter.
Ici, vos chances sont meilleures qu’ailleurs, à condition d’être prêt à veiller tard. Les rhinocéros noirs sont essentiellement nocturnes et farouches, donc les observations de jour relèvent du hasard, mais les points d’eau éclairés d’Okaukuejo et Halali renversent complètement la donne : vous restez immobile dans l’obscurité et ils arrivent. Lors d’une bonne nuit de saison sèche à Okaukuejo, plusieurs rhinos peuvent passer entre vingt heures et minuit, parfois dans des face-à-face tendus. Rien n’est garanti sur une seule nuit, d’où l’intérêt d’en prévoir deux. Le rhinocéros blanc est aussi présent dans la région mais s’observe bien plus souvent dans les réserves privées en bordure du parc qu’à l’intérieur. N’utilisez pas de flash et ne parlez pas fort au point d’eau : cela fera fuir les animaux, et les quarante autres personnes ne vous le pardonneront pas.
Pas au sens strict, et il est important de le savoir avant de partir. Lions, léopards, éléphants et rhinocéros sont bien présents, et Etosha est exceptionnel pour deux d’entre eux, mais il n’y a aucun buffle dans le parc. Il n’y a pas non plus d’hippopotames ni de crocodiles, faute de rivière permanente pour les accueillir. Si votre critère est la liste des cinq grands, Etosha vous décevra sur le papier. Ce qu’il offre à la place, c’est une expérience d’observation que les parcs classiques « big five » ne peuvent pas égaler : rassemblements mixtes énormes aux points d’eau, observation nocturne à pied, espèces adaptées à l’aridité comme le gemsbok ou l’impala à face noire, et des espaces ouverts où l’on peut voir un lion approcher d’un point d’eau pendant dix minutes. Pour qui s’intéresse au comportement animal plus qu’à la liste des espèces, c’est l’un des meilleurs parcs d’Afrique.
Trois nuits est le minimum raisonnable, quatre ou cinq c’est mieux. Deux nuits ne conviennent que si vous vous contentez d’une partie du parc, car Etosha est long d’est en ouest et changer de camp prend la majeure partie d’une journée si vous le faites bien, en vous arrêtant aux points d’eau. Trois nuits permettent de séjourner à Okaukuejo pour les points d’eau de l’ouest et l’observation nocturne, puis de passer à Halali ou Namutoni pour la bordure de la pan et la zone de mopane. Cinq nuits permettent d’ajouter le secteur ouest via Galton Gate et l’observatoire d’Olifantsrus, que très peu de visiteurs atteignent. Si vous êtes sur une boucle namibienne de deux semaines, Etosha mérite généralement plus de nuits que ce que l’itinéraire standard lui accorde, souvent au détriment d’une étape sur la route.
Oui, mais seulement si vous savez ce que vous venez chercher. De décembre à avril environ, la pluie remplit mares et creux dans tout le parc, les animaux n’ont plus besoin des points d’eau permanents et se dispersent. L’herbe pousse haut et cache tout ce qui est plus petit qu’un zèbre. S’installer à un point d’eau, l’activité emblématique d’Etosha, ne fonctionne plus vraiment. En échange, vous profitez d’un parc presque désert, de ciels d’orage et de lumières que les photographes attendent toute l’année, de naissances massives de springboks et de gnous, d’oiseaux migrateurs, et de la possibilité réelle que la pan elle-même retienne de l’eau et se couvre de flamants et de pélicans, ce qui n’arrive jamais en saison sèche. Les tarifs sont plus bas et les camps ont de la place. Pour une première visite, choisissez la saison sèche. Pour une deuxième ou troisième, la saison verte révèle un autre visage du parc.
Vous quittez le camp à l’ouverture des portes, c’est-à-dire au lever du soleil, car les deux premières heures sont les plus fraîches et les plus actives. Vous roulez lentement jusqu’à un point d’eau et vous vous installez. En fin de matinée, vous changez de point d’eau. De onze heures à trois heures, le parc devient calme, la chaleur monte, et c’est la partie la plus difficile pour beaucoup : la réalité est que la mi-journée est souvent morte et la bonne réponse est soit de rentrer au camp pour une baignade et une sieste, soit de se garer à l’ombre près d’un point d’eau et de lire un livre en gardant un œil ouvert. Les deux dernières heures avant le coucher du soleil sont le second pic, quand les familles d’éléphants et les girafes arrivent, et il faut être rentré avant la fermeture des portes. Ensuite, le dîner, puis le point d’eau éclairé, qui constitue vraiment un second safari animalier et que la plupart des visiteurs sous-exploitent. De longues journées, dont les deux tiers sont excellents.
C’est le chapitre faune d’un pays avant tout de paysages, situé au nord, il constitue donc souvent le sommet d’une boucle. Un itinéraire classique et bien équilibré de deux semaines relie Windhoek, descend vers les dunes de Sossusvlei, longe la côte à Swakopmund, remonte au nord à travers le Damaraland pour les éléphants du désert et les gravures rupestres de Twyfelfontein, puis entre à Etosha avant de revenir à Windhoek. Ainsi, Etosha arrive comme un soulagement : après une semaine d’horizons désertiques, la densité animale frappe d’autant plus fort. Le trajet direct depuis Windhoek jusqu’à la porte sud est long mais simple sur de bonnes routes. Si vous avez plus de temps, le Caprivi à l’extrême nord-est ajoute rivières, hippopotames, crocodiles et buffles, comblant exactement les manques d’Etosha.